À la base du concept réside l'idée qu'il est possible d'écrire le nom d'un objet, d'un être, à l'aide de l'image même le représentant. On dessine donc le plan d'une maison pour signifier « maison », une tête humaine pour écrire « tête ». Pour représenter une action comme « marcher », on représente un homme qui marche ou des jambes en mouvement.
On aperçoit immédiatement les limites d'un tel système : ce qui ne possède pas de forme visible ne peut être rendu par l'écriture. Comment transcrire le verbe « aimer » ? Alors, les Égyptiens inventent le rébus. Le scribe décompose dans ce cas le mot, et dessine une « haie », puis une « maie ». Le signe-image devient signe-son.
Les hiéroglyphes se lisent de gauche à droite et de haut en bas, sauf si le regard des animaux représentés se dirige vers la droite : dans ce cas, ils se déchiffrent de droite à gauche.
On sait que le déchiffrage des hiéroglyphes est dû à la rencontre de Champollion et d'une pierre : la pierre de Rosette.
Omniprésente dans la rue, les maisons, les magasins... Les sons se mélangent dans un joyeux brouhaha, entre les grands noms de la musique arabe (Oum Kalsoum, Abdel Halim Hafez, Abdel Wahab...) et la variété dont tous les jeunes raffolent. Il est difficile de s'y retrouver.
Les grands classiques, eux seuls, sont synonymes de musique arabe. Pendant des années, ils ont occupé les ondes des radios, ont interprété la plupart des films de l'époque et se sont produits avec un succès sans précédent dans tout le monde arabe et parfois même en Europe. Parmi eux, citons Oum Kalsoum, Mohammed Abdel Wahab, Farid el-Atrache, Abdel Halim Hafez, Les Musiciens du Nil et Ali Hassan Kuban.
- Beaucoup moins connue en ville, la musique traditionnelle est bien souvent la plus intéressante. Musique nubienne aux accents africains, musique saïdi des bords du Nil, percussions dans les oasis... Elle s'apprécie sur place, au fil de vos périples.
Réservez-vous une soirée pour aller au cinéma : ça vaut le déplacement, même si les sièges sont plutôt durs ! Malheureusement, les films égyptiens sont rarement sous-titrés en anglais.
Devant les cinémas du Caire, les queues n'ont ni début ni fin... On se bouscule joyeusement, une file pour les hommes et une pour les femmes. La salle est comble, parfois enfumée, toujours surexcitée. On « vit » son film, chacun est le héros, chacune est la belle princesse aux yeux noirs.
Quant au « mélo » lui-même, il aura pour intérêt de vous faire connaître le goût d'un public oriental bon enfant.
Youssef Chahine
Youssef Chahine, le plus célèbre des cinéastes égyptiens, est révélé au public avec Ciel d'enfer (1954), qui décrit l'affrontement entre paysans et grands propriétaires terriens et dans lequel il révèle le célèbre Omar el-Sherif (Omar Sharif).
Chahine impose un ton différent, une vision éclatée du réel. Un de ses derniers films, Le Destin (1997), est un hymne courageux à la tolérance, à travers l'histoire du philosophe arabe Averroès.
Sorti début 2008, Le Chaos, son dernier film, met en scène un officier de police aussi véreux qu'autoritaire, véritable ombre planant sur le quartier de Shoubra, mais dont le cœur s'enflamme pour une jeune femme qui n'a que faire de son amour. Chahine ne mâchait pas ses mots pour dépeindre les maux d'une Égypte corrompue.
Dans les années 1980, un nouveau style cinématographique apparaît avec Mohammed Khan et son Oiseau sur la route (1981), Atef el-Tayeb, L'Innocent (1986), et le film de la réalisatrice Inas el-Deghidi, Ô Loi, excusez-moi (1985).
Le cinéma tend à dépeindre la société égyptienne avec son lot de problèmes et de violence. On dénonce le triomphe de la vulgarité et le culte de l'argent. Terrorisme, rapports hommes-femmes, problèmes des jeunes (chômage...) et corruption deviennent des thèmes fréquents.
Malgré une crise du cinéma, les investissements ont été relancés et bon nombre de salles modernisées. De vrais complexes ouvrent au Caire et à Alexandrie. La relance doit absolument s'amorcer, car l'Égypte ne produit plus qu'une quinzaine de longs métrages par an.